Vous êtes sur :

Les risques et les dommages sanitaires et sociaux liés à la consommation d'alcool sont de mieux en mieux connus grâce aux récents travaux scientifiques, mais ils sont encore mal compris du grand public.. Ces dommages considérables, individuellement et collectivement, doivent conduire les autorités sanitaires à une réponse cohérente, sereine et résolue via un plan national de réduction des dommages. Les travaux de tous les experts convergent sur les mesures à prendre, également recommandées par l’OMS, l’OCDE, la Cour des comptes et tout récemment par Santé Publique France et l'INCa.

 

Objectifs des acteurs de santé : donner une information claire aux consommateurs à partir de connaissances scientifiques validées. L’abstinence ou la mise en place d’une politique prohibitionniste ne sont pas visées.

 

Objectifs du secteur économique de l'alcool : décrédibiliser les acteurs de santé et dénigrer l’état actuel des connaissances scientifiques.

 

Etat des connaissances scientifiques en 2017

A noter : les connaissances évoluent en fonction des progrès de la recherche et peuvent remettre en cause des croyances préétablies.

 

1. La consommation d'alcool ne procure aucun bénéfice pour la santé. Les assertions contraires (allégations sur un bénéfice cardiovasculaire, réduction du risque de maladie d’Alzheimer, etc…) ont toutes étédémenties ;

 

2. Les dommages sont proportionnels à la quantité consommée ;

 

3. Le risque de cancer pour plusieurs organes est significativement augmenté par les consommations régulières, même pour de faibles quantités ;

 

4. La consommation d'alcool aggrave ou provoque des violences, notamment les agressions sexuelles et les accidents sur la route.

 

L'avertissement sanitaire actuel, imposé en 1991 par la loi Evin ("L'abus d'alcool est dangereux pour la santé"), est obsolète. Le risque existe même pour des quantités faibles, et il importe à chacun de le gérer sur la base d'une information non biaisée.

 

Principaux leviers d’action recommandés par les autorités de santé internationales

 

- Encadrer la publicité et le marketing pour l’alcool afin de limiter l’exposition des jeunes : l’exposition précoce à de la publicité pour l’alcool est associée à une image socialement positive de l’usage d’alcool, et donc ultérieurement à un usage plus important et un risque plus important de complications.

 

- Agir sur le prix en augmentant les taxes afin de réduire les consommations nocives : la taxation sélective de boissons alcooliques destinées aux jeunes (prémix) en 2004 a considérablement réduit le marché de ces produits.

 

- Jouer sur l’accessibilité des produits : la facilité à s'en procurer influence les achats et la consommation. Cela peut passer par l'interdiction de la vente aux mineurs dans les cafés, bars et restaurants, mais aussi dans les points de vente au détail, réduire le nombre de points de vente ou en limiter les heures d'ouverture, interdire certains emplacements (périmètre autour des écoles par exemple).

 

- Développer une politique de prévention indépendante de l’influence des producteurs. Comme le souligne l’OMS, « la participation de l’industrie des boissons à l’éducation des jeunes et aux activités destinées à la jeunesse pose un problème, étant donné que leur soutien, direct ou indirect, pourrait être considéré comme une tentative d’obtenir de la crédibilité auprès des jeunes".

 

- Favoriser une recherche indépendante visant à garantir une production scientifique non biaisée. Des organismes scientifiques, reconnus internationalement, existent déjà et pourraient voir leurs moyens renforcés : l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), l'Institut National du Cancer (INCa), Santé Publique France (fusion notamment de l'INPES et de l'INVS), l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

 

Repères de consommation à moindre risque

verre

 

 

Pas plus de 10 verres par semaine / Pas plus de 2 verres par jour


Au moins deux jours sans alcool par semaine

 

 

 

Télécharger la Fiche Risque Alcool - Quelle politique mener ?

Télécharger le Décryptages n°23 - Risque Alcool. Quelle politique mener ?

 

Enregistrer