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18 septembre 2008 - Loi Evin / Internet / Halte à la diabolisation

Au moment où les grandes surfaces livrent leurs rayons aux traditionnelles « Foires aux vins » et que les magazines publient des cahiers spéciaux destinés à éclairer les consommateurs sur les « bonnes affaires », le lobby alcoolier, surfant sur cette actualité automnale en s’appuyant sur les réelles difficultés de la viticulture française., lance une attaque concertée contre la loi Evin par une désinformation qui vise à disqualifier les enjeux, les institutions et les acteurs de santé publique.

 

Les lecteurs et les auditeurs doivent s’attendre dans les semaines qui viennent à l’amplification des cette campagne médiatique dont les deux objectifs sont : l’ouverture de la publicité à l’alcool sur Internet et le blocage de la mesure d’interdiction de vente aux mineurs défendue par Madame Bachelot, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports.

Les associations signataires dénoncent ces agissements et ces manipulations de l'opinion visant à permettre aux intérêts des groupes alcooliers de développer leurs profits au dépend de la santé des plus jeunes et pourquoi pas du viticulteur traditionnel. Car l'objectif des producteurs est bien d'abattre la loi Evin et de sacrifier la protection des mineurs pour mieux les exposer aux actions ciblées, au marketing viral et aux techniques intrusives de la publicité pour les boissons alcooliques par Internet. L'enjeu est majeur pour la lutte contre l'alcoolisation des jeunes dont la fréquentation d'Internet n'est plus à démontrer.

 

A partir de ce débat sur la publicité sur Internet qu’elle souhaite voir autorisée sans limites, le « lobby alcoolier » exige en outre une redéfinition exclusivement commerciale de la publicité à rebours des décisions de la Communauté européenne et de la Cour de Cassation française. Il faut en être conscient: il s'agit d'ôter toute portée à la loi Evin et de la liquider sans autre souci que celui de préserver des intérêts certes économiques mais également particuliers au détriment de la santé publique. Il y a là beaucoup d’irresponsabilité.

En réclamant le libre accès à la toile, la suppression de toute réglementation et la totale disposition des nouveaux outils du média Internet pour le développement des pratiques publicitaires, est-ce réellement les vignerons indépendants que l’on veut défendre dans cette économie libérale où les grosses exploitations absorbent les plus petites ? Tout ceci paraît trop bien orchestré… par de puissants intérêts qui se portent bien à l'exportation ! Mais les temps sont durs pour les producteurs. Le monde viticole en plein désarroi est facile à mobiliser...

Les associations dénoncent avec vigueur cette pure manœuvre de désinformation – La France est par exemple comparée à certains pays prohibitionnistes comme les pays musulmans intégristes et les professionnels de la santé dénigrés en étant présentés comme des ayatollahs hygiénistes qui n’auraient de cesse de mettre à l’eau la population française. A l’outrance et la mauvaise foi, la seule réponse à opposer sont « les faits » : il suffit de regarder les murs de nos villes et de feuilleter la presse pour constater que la loi Evin n’interdit pas la publicité pour le vin ni pour les autres boissons alcooliques, et que la France est loin d’être un pays de prohibition.

Les associations tiennent à faire savoir qu'elles ont fait aux ministres de l'Agriculture et de la Santé des propositions qui visent à répondre aux préoccupations tout à fait compréhensibles des viticulteurs, afin qu’ils puissent présenter et vendre leurs produits sur Internet dans le respect de l'esprit de la loi Evin. Les associations sont bien loin de l'attitude d’ayatollahs hygiénistes dont on veut les affubler !

Les associations rappellent qu’elles avaient accepté de participer au groupe de travail sur Internet mis en place par le gouvernement sous l’égide du cabinet du Ministère de la Santé et de celui de l’Agriculture et qu’elles étaient venues avec la volonté de rechercher une solution équilibrée pour autoriser la publicité pour l’alcool sur Internet. Ouvertes au dialogue, elles ne peuvent que constater aujourd’hui que certains de ceux qui représentent la viticulture ne sont pas dans cet état d’esprit et n'ont d'autres méthodes de négociation que le dénigrement et la disqualification de leurs interlocuteurs, et sont prêts à toutes les contre-vérités scientifiques sur l’alcool et ses effets pour atteindre leur objectif: abattre la loi Evin.

Les associations

  • Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), président Dr Alain Rigaud
  • Fédération des Acteurs de l'Alcoologie et de l'Addictologie F3A), président Dr Patrick Fouilland
  • Avenir santé, directeur M. Bouthier
  • Fédération Française de l’Addictologie (FFA), président Pr Michel Reynaud
  • Société Française de Santé publique (SFSP), président Pr François Bourdillon
  • Ligue contre le cancer (LCC), vice-président Pr Albert Hirsch
  • Association nationale des intervenants en toxicomanies et addictologie (ANITeA), président M. Jean-Pierre Couteron


Contacts
Dr Alain Rigaud (01 42 33 51 04 ou 06 08 22 25 29), président de l’A.N.P.A.A.
M. Patrick Elineau (01 42 33 51 04), directeur général de l’A.N.P.A.A.
Faye Wright (01 42 33 51 04), chargée de communication de l’A.N.P.A.A.