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cuisinier bouteille vinAlors que la Mildeca, service du Premier ministre, Marisol Touraine, ministre de la santé, et l'INPES ont pris nettement position sur cette émission stupide et dangereuse en demandant son arrêt, Monsieur Poulpe et ses producteurs avaient indiqué qu'ils la maintiendraient, défiant ouvertement les services de l'Etat.

Parmi les arguments diffusés sur YouTube pour maintenir cette émission dans laquelle on fait l'éloge de la cuite sous couvert de « PTDR » – entendez « se péter dessus de rire » (sic) – on relève « l'humour », le clin d'œil et les jeux de mots qui sont des ressorts classiques des publicitaires pour inciter à l'achat et à la consommation. Monsieur Poulpe fait semblant de l'ignorer pour les besoins de la cause (commerciale). De la même manière, « l'humour » de Recettes Pompettes ne permet pas de prendre de la distance, mais banalise la consommation excessive, et valorise l'ivresse comme amusante en escamotant toute perception des risques qu'elle comporte.

 La diffusion de l'émission mercredi 13 avril n'a pas déçu par rapport à cette irresponsabilité revendiquée. On a pu voir Stéphane Bern s'enfoncer de plus en plus dans le ralentissement intellectuel et se faire raccompagner en voiture… N'en voyons pour preuve que la conversation pauvre et sans intérêt entre Stéphane Bern et Monsieur Poulpe que le producteur avait présenté comme devant être un moment de vérité : la langue pâteuse et les idées visqueuses seraient le fond de la personnalité de Stéphane Bern, on espère pour lui que non.

Avec le nombre de doses ingurgitées – 14 "shots" d'alcool et plus d'une bouteille d'alcool blanc –, l'invité et Monsieur Poulpe ont chacun un taux d'alcoolémie à environ 2,5 g/l à la fin de l'émission et garderont une alcoolémie positive pendant au moins une douzaine d'heures. A ce niveau-là, pour n'importe qui, on n'est plus gentiment "pompette" mais, soyons clair, complètement bourré, incapable d’évaluer toute situation de mise en danger de soi-même et d'autrui, et proche du coma éthylique.

Mais, nous disent les producteurs, tout cela n'est pas bien grave, ce n'est que de l'humour, mais c'est précisément ce qui pose problème. L'ivresse à ce niveau n'a rien d'anecdotique, elle est dangereuse. Ce n'est pas l'avertissement en bas de l'écran ajouté pour se donner bonne conscience après l'interpellation de Monsieur Poulpe au Petit Journal par l'ANPAA qui va attirer l'attention. Ne pas comprendre cette dangerosité ou la nier comme Monsieur Poulpe revient à en faire une expérience comme une autre. Cette apologie "humoristique" de l'ivresse correspond bien à ce qui avait été présenté dans la bande annonce.

Mais "l'humour" n'efface pas l'incitation à l'ivresse, c'est pourquoi l'ANPAA, comme elle l'a annoncé, va ouvrir un recours devant le juge.

Contacts

Dr Alain Rigaud, Président : 06 08 22 25 29

Dr Bernard Basset, Vice-président : 07 86 55 54 53

 

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