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verres noirs sur fond blancUn des porte-paroles les plus actifs du lobby alcoolier, M. Roland Courteau, sénateur de l'Aude et vice-président du groupe d'études Vigne et Vin du Sénat, vient de déposer une nième proposition de loi visant à distinguer le vin des autres boissons alcooliques qui stupéfie tous les scientifiques et consterne les professionnels de santé.

 

En effet, à rebours de toutes les données de la biologie, le sénateur Courteau n'hésite pas devant des affirmations aussi énormes que fausses. Ainsi, il prétend que la consommation de vin est bonne pour l'organisme et la prévention des maladies cardio-vasculaires. Il ne recule pas devant l'exploitation de la détresse des malades en avançant que le vin pourrait prévenir la maladie d'Alzheimer.

 

 

Le sénateur Courteau serait bien inspiré de lire la littérature scientifique internationale qui démontre de manière incontestable que :
•    les consommations modérées d'alcool n'ont aucun bénéfice pour la santé (sur la base de 2 262 études)1  ;
•    le risque de cancer augmente de manière proportionnelle à la quantité consommée, même chez les consommateurs à doses faibles et modérées2.

 

Rien ne permet de différencier les boissons alcooliques sur le plan du risque pour la santé, si ce n'est la quantité d'alcool ingéré qui est présent aussi bien dans le cidre, la bière, le vin ou les spiritueux. Le vin représente 58 % de la consommation d'alcool en France, et il contribue pour la même proportion à la survenue des dommages dont on ne rappellera jamais assez qu'ils se traduisent par 135 morts par jour et 49 000 par an, deuxième cause de morbidité et mortalité nationale après le tabac.

 

Le mépris des consommateurs et des malades, et la négation des données scientifiques établies que constitue le lobbying effréné du sénateur Courteau pour l'incitation à consommer de l'alcool est d'un autre âge, celui du gros rouge qu'on buvait quotidiennement à table, même les enfants.

 

Mais surtout Roland Courteau, en prétendant défendre le vin, poursuit en vérité son combat pour avoir la peau de la loi Evin. Car personne n'est dupe, si le vin est exclu du champ d'application de la loi Evin, toutes les autres boissons alcoolisées en profiteront. Et le profit n'est pas un vain mot, qu'importe la santé.

 

La proposition de loi du sénateur Courteau, par son cynisme, n'est pas de nature à restaurer la confiance nécessaire dans les élus de la nation et leur souci de l'intérêt général.

 

Il est temps que la loi fixe un cadre clair, comme pour le tabac, sur la publication d'intérêts des parlementaires en matière d'alcool. La santé publique et la démocratie y gagneront.

 

Contacts :
Dr Alain Rigaud, Président  06.08.22.25.29.
Dr Bernard Basset, Vice-président 07.86.55.54.53.
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1 Do “Moderate” Drinkers Have Reduced Mortality Risk? A Systematic Review and Meta-Analysis of Alcohol Consumption and All-Cause Mortality. Tim STOCKWELL and al.
2  Alcohol consumption as a cause of cancer, Jeannie Connor, Addiction, 2016