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Comme elle l’a fait dans le cadre de l'élection présidentielle, l'ANPAA lance une initiative visant à sensibiliser les candidats aux élections législatives aux enjeux liés aux conduites addictives, qu’il s’agisse de l’alcool, du tabac, du cannabis ou d’autres addictions sans produit.

 

Les candidats sont ainsi invités à se prononcer sur 5 propositions.

 

Cet effort de sensibilisation est important alors qu’un rapport d’experts publié la semaine dernière a alerté sur les risques pour la santé d’une consommation, même modérée, d’alcool. Des risques aujourd'hui minorés qui tranchent avec la politique répressive en vigueur pour les substances psychoactives illicites telles que le cannabis.

 

La consommation de substances psychoactives, licites et illicites, est à l’origine, chaque année en France, de près de 130 000 décès prématurés, dont 79 000 liés au tabac, 49 000 à l’alcool et 1 600 aux drogues illicites. Le tabac et l’alcool sont ainsi les deux premières causes de mortalité évitable.

 

Des coûts supérieurs aux recettes fiscales

 

Cette hécatombe a un coût considérable, bien supérieur au montant des taxes prélevées sur le tabac et l’alcool. Alors que ces dernières rapportent, chaque année, 13,6 milliards d’euros, l’Etat doit dans le même temps débourser plus de 33 milliards pour couvrir le coût des soins engendrés par les maladies liées à la consommation de ces substances.

 

Paradoxalement, pour les substances illicites, la politique est extrêmement répressive. Une politique inefficace puisque l’on compte aujourd'hui 1,4 million de consommateurs réguliers de cannabis et un niveau d'usage chez les 16 ans largement supérieur à 15 %, le plus élevé d'Europe. Loin de mettre fin aux trafics, la répression touche d’abord les simples consommateurs[1] pour un coût estimé à plus de 300 millions d’euros.

 

Renouvellement attendu de l'Assemblée nationale

 

Pour l’ANPAA, le renouvellement de l’Assemblée nationale et l’arrivée de nombreux primo-députés, en raison du non-cumul des mandats, offre une occasion unique de replacer la santé publique au cœur des débats parlementaires. Jusqu’à présent, elle a, bien souvent, été reléguée au second plan, notamment en matière de politique alcool, de nombreux parlementaires se faisant les défenseurs de la seule filière.

 

Avec ses propositions, l’ANPAA appelle les candidats à soutenir la mise en œuvre d’une politique cohérente au bénéfice tant de la santé et de la sécurité publiques que de la réduction des coûts pour l’ensemble de la collectivité :

 

1. Faire de la prévention des risques et des dommages liés aux conduites addictives une priorité de santé publique

2. Organiser un débat public sur la légalisation du cannabis

3. Réduire la consommation d’alcool chez les jeunes en instaurant un prix minimum de l’alcool

4. Assurer l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées (composition, calories, teneurs en pesticides et sulfites, message sanitaire)

5. Renforcer la prévention et l’éducation à la santé à tous les âges

 

Les réponses des candidats seront publiées sur le site de l’ANPAA comme l’ont été les engagements pris par les candidats à l’élection présidentielle, dont ceux d’Emmanuel Macron.

 

L’ANPAA invite également les citoyens à se mobiliser et à interpeller directement les candidats de leur circonscription via un kit d’interpellation disponible sur le site de l’association.

 

 

>> Retrouvez le détail de ces propositions

 

>> Retrouvez les engagements des candidats à la présidentielle

 

 

Télécharger le communiqué de presse


 

Contact :

Myriam Savy, chargée de mission Plaidoyer

01 42 33 52 89 / 06 43 77 75 70

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[1] 120 000 interpellations pour usage simple contre 15 000 interpellations pour usage-vente ou trafic en 2010 (derniers chiffres connus).