Vous êtes sur :

USAGER

 

Grégory Duperron, directeur d’établissement de l’ANPAA dans l’Allier, revient sur les travaux menés par une sociologue pour déterminer les besoins préalablement à la création d’une offre mobile en matière de réduction des risques pour les usagers de drogues.

 

A l’ANPAA en Auvergne-Rhône-Alpes, nous avions le projet de mettre en place un CAARUD mobile à Montluçon en lien avec le CAARUD « La passerelle » de Montluçon. La mobilité et la démarche « d’aller vers » en CAARUD étant très large, nous devions étudier la pertinence de ce dispositif. Il était donc important d’identifier les besoins réels des usagers mais également des professionnels en contact avec ces derniers. Pour mener à bien ce projet, nous avons fait appel à Agnès DI GENNARO, sociologue-chargée d’étude, pour nous aider à identifier ces besoins.

 

Cette étude s’est déroulée sur le territoire du de Montluçon avec la réalisation d’entretiens auprès des professionnels du secteur et des usagers ainsi que l’envoi d’un questionnaire à l’ensemble des pharmaciens du territoire. A travers une analyse de la demande, une étude documentaire des écrits relatifs à la réduction des risques et des dommages et une analyse des résultats recueillis, la sociologue a identifié plusieurs points :

 

  • Les freins à l'accès à la Réduction Des Risques et des Dommages

Dans un premier temps, il est apparu que le Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (CAARUD) de Montluçon est un dispositif peu connu des professionnels du bassin et qu’il existe un cloisonnement des pratiques professionnelles.

 

Dans un deuxième temps, il a été identifié des obstacles à la fréquentation du CAARUD par les usagers :

                                            
  • La peur. Le CAARUD est souvent assimilé au risque de se faire arrêter, la peur d’être hospitalisé sous contraintes ou d’une privation de liberté. Cela reflète la méconnaissance des missions du centre par les usagers.
  • La question de la dimension identitaire. Certains usagers ne s’identifient pas comme « toxicomanes » en fonction des différentes pratiques de consommation. D’autres ne souhaitent pas revenir dans le centre car ce dernier renvoie à une période négative de leur vie.
  • Des horaires d’ouvertures non adaptés à certains usagers. En effet, les personnes salariées n’ont pas la possibilité de se rendre dans le centre durant les horaires de travail. De plus, certains ne souhaitent pas prendre le risque d’être vus dans un lieu assimilé à la toxicomanie.
  • L’éloignement géographique et la précarité en zone rurale. Il est difficile pour les usagers de garder l’anonymat, d’accéder aux démarches administratives, de se déplacer en voiture en raison des risques de contrôles routiers. Ils ont par ailleurs un accès aux produits facilité par la vente en ligne.
  • Les consommateurs qui « échappent » au système. C’est-à-dire, les usagers qui ne reviennent pas après s’être rendus dans le centre pour une crise, pour une obligation judiciaire ou ceux qui sont hospitalisés pour un autre problème mais qui se font repérer.
  • Les facilitateurs à la mise en place et l’effectivité d’une offre mobile.

 

Il en ressort qu’il existe un besoin en offre mobile et que c’est une pratique attendue par les professionnels et les usagers. En effet, cela va faciliter l’accès aux démarches administratives, aux soins, au logement et aux matériels de réduction des risques.  

 

Ce dispositif va permettre un décloisonnement de cette pratique et développer les partenariats avec d’autres réseaux d’acteurs. Il va également répondre aux besoins de formation et d’information des professionnels ; de mettre en place des usagers et des professionnels relais afin de véhiculer l’information et la prévention et d’utiliser les outils de communication comme les réseaux sociaux pour toucher davantage de consommateurs cachés.

 

La réalisation de cette étude par un tiers a permis à l’équipe du CAARUD de prendre du recul sur le positionnement de la structure et d’opérer ainsi des choix plus judicieux pour le déploiement de ce dispositif.

 

Rapport Diagnostic et étude de besoins : création d’un dispositif mobile CAARUD

 

 

Pour en savoir plus :

 

Grégory DUPERRON

Directeur d’établissement dans l’Allier

Tél. : 04.70.46.16.68

 

 

 

Agnès Di Gennaro,

Sociologue - chargée d’étude

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.